Une nuit, magnifique, sans lune, mais éclairée par un nombre inhabituel d'étoiles, qui surveillent une forêt. Seulement cette forêt. Cette forêt qui regroupe tant d'arbres de natures différentes qu'on pourrait croire que certains ont été plantés, que naturellement, ils ne devraient pas pousser ici.
Si l'on passe sur la route qui longe cette forêt, on ne verra que la végétation dense qui la compose, mais si on s'approche, si on s'enfonce parmi les fougères et les autres végétaux, ce soir, il est possible d'apercevoir une ombre furtive se frayer un chemin entre les arbres collés. Une silhouette presque humaine. Presque. Une silhouette plus souple que le chat, plus agile que le singe, plus rapide que le guépard, plus gracieuse que la gazelle, et moins bruyante que le silence lui-même. Cet être, dont l'apparence rappelle celle d'un humain, court, slalomant entre les arbres, là où seul un mulot serait passé, et parfois grimpe dans les branches, disparaissant dans les feuillages, et sautant d'arbre en arbre. En observant son corps, on pourrait penser avoir une humaine d'une 20aine d'années devant soi, alors que cette personne a plus de deux siècles et qu'aucun sang humain ne coule dans ses veines.
Seulement, une question s'impose... Pourquoi court-elle? Pourquoi a-t-elle besoin de cette vitesse, et de cette nature qui l'entoure?
PDV ==> ELLE
Enfin...après 1h de course, je me sens mieux, mais la vitesse n'est pas la seule responsable, j'avais besoin de venir ici. Je m'arrête et m'allonge sur l'herbe de cette sublime clairière, le visage tourné vers le ciel étoilé. Quelques minutes après que je sois arrivée, j'entends des feuilles mortes se froisser, à environ 400m. Au pas, je reconnais un lièvre, et quelques secondes plus tard, d'autres animaux s'approchent eux aussi de la clairière. Ils m'ont sûrement reconnus, sinon ils se seraient enfuis. En quelques minutes, des lièvres, des renards, des biches, des écureuils, des hiboux et encore beaucoup d'autres animaux arrivent à la limite de la forêt et s'arrêtent. Ils ont peur. Pas de moi, mais ils ne veulent pas me déranger, ils ont peur de la réaction que j'aurais s'ils approchent encore. Alors que j'étais apaisée, une violente douleur me prend aux côtes et j'ai l'impression qu'un étau se resserre autour de ma tête. Je laisse la vision s'imposer à moi tellement la douleur est forte.
~~ Je me retrouve dans une ruelle, allongée, un homme se tient devant moi, habillé entièrement en noir, portant une cagoule de la même couleur, ce qui m'empêche de distinguer son visage. Il semble pointer un objet sur moi, mais je n'arrive pas à voir ce que c'est. Mes pupilles s'habituent à l'obscurité, et je reconnais clairement le canon d'une arme à feu. Je détourne mon attention de lui pour la concentrer sur le corps qui est, durant quelques minutes, le mien. Je sens sous mes doigts un liquide visqueux et une forte douleur me lance à l'endroit d'où coule ce liquide. Je porte mes doigts à mon nez et flaire l'odeur qui s'en dégage. Du sang. J'essaye de deviner où je suis, mais je ne vois que des immeubles, qui pourraient appartenir à n'importe quelle ville. Pourtant, mon instinct me dis que je ne suis pas loin de la forêt. Je reporte mon attention sur le corps dans lequel je me trouve, essayant de savoir à qui il appartient. De toute évidence, c'est un homme. Ces ongles sont manucurés, se cheveux sont longs, noirs, mais je devine des mèches blanches parmi ceux-ci. Les vêtements que je porte sont moulants, sombres, et je porte aussi quelques bijoux. A présent, je suis sûre de savoir à qui appartient ce corps. Je repose mes yeux sur celui qui est vraisemblablement son agresseur, et me concentre pour réintégrer mon corps. ~~
J'ouvre les yeux brusquement. Je suis à nouveau moi. Je ne dois pas perdre trop de temps avant que ma vision ne se réalise. Les animaux, sûrement inquiets lorsque je suis tombée en m'évanouissant, m'entourent, et un cerf, que je devine être le mâle dominant de la forêt, est penché vers moi. Je m'assois, lui caresse la tête, puis me lève.
~~ Merci de vous être inquiétés pour moi. Tout va bien, je vais vous laisser maintenant. Rentrez chez vous. ~~
Les animaux se dispersent, et en quelques minutes, la clairière redevient parfaitement calme. Je cours alors aussi vite que je peux pour rejoindre la ville au plus vite. Dès que je quitte la clairière, mes pensées me reviennent, comme si elles s'étaient arrêtées à la lisière, laissant mon corps arpenter seul l'étendue herbeuse. Ma réflexion reprend donc, n'ayant pas aboutit auparavant.
~~ Soyons logiques. Depuis que je vais à l'école, les professeurs nous expliquent ce que sont les humains. On nous a toujours dit qu'ils étaient égoïstes, qu'ils cherchait la gloire, au détriment des autres, qu'ils détruisaient la nature, qu'ils n'avaient aucune considération ni pour les animaux, ni pour les végétaux... bref, qu'ils étaient exécrables. Mais pourquoi ne nous a-t-on jamais dit que certains pouvaient sembler doux et gentils, comme LUI? Pourquoi ne nous a-t-on jamais prévenu que malgré tous ces défauts, certains ont du charme, comme LUI? Pourquoi ne nous a-t-on jamais avertis qu'on pouvait avoir pour eux des sentiments tels que j'en ai pour LUI? Pourquoi mes parents m'ont toujours dis d'écouter mon c½ur, qui bat plus vite lorsque je pense à LUI? Pourquoi ne m'a-t-on jamais prédis que j'allais tomber amoureuse d'un humain, de LUI? ~~
Cela fait une 20aine de minutes que je cours, et j'aperçois enfin les plus hauts bâtiments de la ville. J'espère qu'il n'est pas trop tard... Je ralentis en entrant dans la ville, histoire de ne passe faire remarquer, et marche rapidement dans la direction que m'indique mon instinct. Je m'arrête au bout de quelques minutes, et vais dans une ruelle calme. Je ferme les yeux et ouvre mon esprit à ce qui m'entoure. Je me concentre particulièrement sur les sons que j'entends. Je les analyse, les reconnais, et les écarte lorsqu'ils ne m'intéressent pas. Enfin, je trouve ce que je cherchais. Une légère détonation suivie d'un cri. Je le localise, puis m'élance, aussi discrète que possible, jusqu'à son lieu d'origine. Je sens que je suis très proche de l'impasse que j'ai vue toute à l'heure. Je reconnais les bâtiments qui m'entourent, repère la ruelle, et me dirige vers elle.
PDV ==> LUI
Je sors de l'hôtel pour me promener un peu dans les rues. Je flâne depuis quelques minutes lorsque je sens une main m'agripper, une autre se plaquer sur ma bouche, m'empêchant de crier, puis quelqu'un me tire en arrière et me jette sur le sol d'une impasse. Avant d'avoir pu dire quoi que ce soit, une voix d'homme me menace
"Si tu cris, je tire."
Je relève la tête et vois un homme habillé en noir, portant une cagoule, et pointant effectivement un revolver dans ma direction. Je reste quelques minutes dans la même position, c'est à dire allongé par terre, puis me dis que à priori, je peux bouger sans être en danger, et décide de me lever. Grave erreur... j'entends un petit bruit sec et à peine une seconde plus tard, je sens une vive douleur au niveau des côtes, me faisant lâcher un cri. Je me retrouve allongé sur le dos, surélevé grâce mes avant-bras. L'homme tend à nouveau son arme vers moi, le doigt sur la détente.
"T'aurais pas du faire ça, petit"
La terreur étreint mon c½ur... il va tirer? S'il veut me tuer, qu'il le fasse tout de suite!
Un chat noir s'approche de l'homme lentement. Ses yeux jaunes brillent dans la pénombre, donnant une impression étrange... surnaturelle. Le chat s'arrête à un peu moins de 2 mètres de mon agresseur. Il lève la tête vers lui et lui "souffle" dessus en signe de menace. L'homme rigole, va pour lui donner un coup de pied à l'animal, mais ce dernier est beaucoup plus rapide et esquive aisément l'attaque. Lorsque le chat est à nouveau sur ses 4 pattes, sûr de lui, une chose très bizarre se produit. Le corps du félin émet de la lumière, seuls ses yeux sont encore visibles. Quelques secondes plus tard, une panthère à la musculature imposante se tient à sa place. Mon agresseur a un mouvement de recul, puis pointe son revolver sur le félin. Celui-ci retrousse ses babines, découvrant des dents parfaitement blanches et particulièrement impressionnantes. Le doigt de l'homme commence à appuyer sur la détente, mais la panthère lui saute dessus avant qu'il ait pu tirer. Surpris, l'homme lâche son arme, puis tombe sous le poids du félin. Celui-ci pose sa patte au niveau du c½ur de sa victime et sort ses griffes. L'homme essaie de se dégager en gesticulant et en gémissant de peur. J'essaie de me relever, mais ma blessure me lance, m'obligeant à rester allongé. La panthère tourne alors vivement la tête vers moi, et elle me fixe. Je n'ose plus bouger. Elle laisse mon agresseur et se rapproche dans ma direction. Apeuré, je rampe en arrière, mais j'ai conscience que je n'ai aucun échappatoire. Je vois alors que l'homme a repris son arme et qu'il la dirige vers l'animal. Celui-ci se tourne vers lui, fixe son prédateur, et... penche la tête sur la droite. Les yeux du félin deviennent alors noir, et l'arme de mon agresseur s'enveloppe aussi de cette couleur. Le revolver échappe alors aux mains de l'homme et flotte en l'air, dirigée vers celui qui m'a attaqué. Ce dernier sort de la ruelle en courant, sans demander son reste. L'arme se défait du voile qui la recouvrait et tombe à terre dans un tintement métallique. La panthère, dont les yeux sont redevenus jaunes, se tourne à nouveau vers moi et s'approche doucement. Je ne tente pas de geste cette fois-ci, sachant pertinemment que ce sera inutile. Alors que l'animal n'est qu'à quelques centimètres de moi, je l'entends... parler... non, j'ai plus l'impression d'entendre sa voix dans ma tête.
~~ Pourquoi as-tu peur de moi? Parce que je suis différente? ~~
Moi: je... les... les panthères sont... des animaux... réputés... dangereux...
Me voilà en train de parler à une panthère... pff!
~~ Ainsi, tu penses que je suis dangereuse parce que je ressemble à une panthère? ~~
Moi: tu... tu n'en es pas une?
~~ Je suis étonnée... ~~
Moi: pourquoi?
~~ Je pensais que tu aurais très bien compris qu'on ne juge pas les livres par leur couverture... Bill ~~
Moi: tu... tu connais mon nom?
~~ Puisque je t'ai appelé ainsi... ~~
Moi: mais... je ne te connais pas...
~~ Si... mais pas sous CETTE forme... ~~
Moi: sous quelle forme, alors?
Un phénomène étrange se produit à nouveau... la panthère brille, et quelques secondes plus tard, ce n'est pas un animal, mais une femme qui se tient à sa place.
Moi: Aurore??
Elle: tu vois que tu me connais... sous ma forme humaine...
Moi: comment ça ta forme humaine???
Elle: le chat, la panthère et Aurore ne sont que des apparences, Bill...
Moi: des apparences?
Elle: des corps... des enveloppes charnelles... mais ma véritable apparence est très différente!
Moi: qui es-tu alors?
Elle: je m'appelle Astréa.
Moi: mais tu es...
Elle: humaine?
Moi: oui...
Elle: non.
Moi: alors... qu'est-ce que tu es?
Elle: les humains ne connaissent pas l'existence de notre... peuple, mais je peux essayer de t'expliquer. Je suis une... Neter.
Moi: Neter?
Elle: les Neter sont des puissances de la nature.
Moi: une puissance de la nature?
Elle: oui... je peux prendre la forme de n'importe quel animal, et je peux communiquer avec eux.
Moi: et... quelle est ta véritable apparence?
Son corps émet encore de la lumière, et un autre être se tient à sa place. C'est un être très... étrange. Elle a les courbes d'une femme, mais sa peau est noire comme la nuit, et des ailes sortent de son dos. Elle porte une petite tunique, et on voit des tatouages tribaux sur ses bras et autour de ses mollets. Elle me tend une main que j'attrape, mais lorsque j'essaie de me lever, ma blessure me contraint à rester coucher. La... Neter s'approche de moi, s'accroupit et pose ses mains l'une sur l'autre juste au dessus de ma blessure. Un halo doré se forme entre nos deux peaux et je sens une chaleur agréable au niveau de l'impact de la balle. On entend quelques petits craquements provenant de mon torse, mais je ne ressens pas de douleur. Je suis comme anesthésié. Quelques secondes plus tard, le halo disparaît, Astréa ôte ses mains, et je constate que je n'ai plus mal et que ma blessure n'existe plus. Il n'y a même pas de cicatrice. Je repense à notre conversation de toute à l'heure lorsque quelque chose qui m'avait échappé me revient à l'esprit.
Moi: mais... Aurore m'a avoué qu'elle m'aimait!!!!!
Suite à mon exclamation, je vois qu'une moue d'inquiétude se peint sur le visage de mon interlocutrice.
Moi: si tu es Aurore, c'est que TU m'as dit que TU m'aimais!
Astréa: Bill... on ne peut pas... tu es un humain...
Moi: et alors? Ça n'a pas d'importance!
Astréa: si...
Moi: et pourquoi?
Astréa: parce que je suis immortelle et que tu ne l'es pas. Tu vieilliras, et je resterais toujours sous cette apparence...
Moi: mais...
Astréa: il n'y a pas de mais Bill... tu dois m'oublier.
Moi: et comment veux-tu que j'oublie une soirée pareille!! Et une personne pareille!!
Astréa: peu importe, tu m'oublieras.
Elle se lève et commence à partir, mais je la suis et la rattrape. Je la retiens par le bras, et elle se tourne vers moi.
Astréa: tu ne pourras pas me retenir, Bill.
Elle se dégage de mon emprise, et, contrairement à ce à quoi je m'attendais, elle s'approche un peu plus de moi. Elle pose ses mains sur ma nuque, la caresse tendrement et dépose ses lèvres sur les miennes. Mon c½ur s'accélère, nos lèvres se caressent amoureusement, et je laisse ma langue aller au contact de la sienne. Astréa met rapidement fin à notre baiser, se détache de moi et s'éloigne me laissant un "Adieu" comme dernières paroles de sa part. Je reste encore debout dans cette ruelle avant de rentrer à l'hôtel pour me coucher directement. J'ai une impression bizarre... je sais pertinemment que Astréa va revenir me voir, mais je sais que je ne la verrais pas. A peine entré dans mon lit, je m'endors.
PDV ==> ELLE
Ça y est, il s'est endormi. Je rentre dans l'hôtel, sous forme de mouche et m'immisce dans sa chambre en passant sous la porte. Arrivée là, je reprends mon apparence réelle et m'approche de lui. Je me penche sur son magnifique visage et dépose une dernière fois mes lèvres sur les siennes.
PDV ==> LUI
~~ Une femme, magnifique, s'approche de moi et dépose amoureusement ses lèvres sur les miennes. Je ne connais pas cette femme, et pourtant, j'ai l'impression d'avoir déjà ressentit ce que je ressens lorsqu'elle m'embrasse. Elle se détache de moi, me souris et prononce ces dernières paroles avant de partir dans le blanc de mon rêve:
"Oublie-moi" ~~
Je me réveille et regarde l'heure affichée sur mon réveil: 9h38. Ça va, il est pas encore trop tard. Je me lève donc tranquillement, vais cherché des habits propre et me dirige vers la salle de bain. Je pose mes affaires sur un tabouret prévu à cet effet, et entre dans la cabine de douche après avoir enlever mon boxer. Durant ma douche, j'essaie de me souvenir ce que j'ai fait hier soir, mais je ne me souviens de rien. Bof... ça reviendra bien... un jour.
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Alors?? qu'est-ce que vous en pensez???? Honnêtement, svp ^^